peur

pourquoi je pense à cela ?

Il y a une dizaine de jours (plus ?), j’avais une sorte de conjonctivite, ou bien autre chose, un truc à l’œil quoi, je n’y connais rien. En fait, ça a bien duré une semaine, pendant une semaine j’ai eu un problème à l’œil, et ça ne passait pas. Peut-être même les deux yeux, oui, le droit était un peu touché aussi, et il me fallait de longues minutes (montre en main) pour arriver à ouvrir les yeux le matin, et une heure ou deux pour qu’ils soient vraiment complètement ouverts et presque normaux. Des proches, ceux que je croise tous les matins, m’ont dit, plusieurs fois, d’aller voir quelqu’un. Je n’ai rien fait bien sûr. Comme pour cet autre problème, depuis un an jamais je n’ai rien fait, pas pris rendez-vous chez le médecin, et pourtant il y a deux jours c’était de nouveau. Je n’ai aucune peur des médecins, il y a en a même un certain nombre parmi mes amis ou ceux très proches de mes parents, et puis M. bien sûr. Je n’en ai aucune peur, mais je n’aime pas les appeler, prendre rendez-vous, et je laisse traîner les choses. Quand je finis, contraint, par me faire soigner, j’oublie d’envoyer mes feuilles de sécu. Et là donc c’était l’œil. Et j’ai eu ce moment sur un quai de métro, court mais quand même, où je me suis mis à imaginer que mes yeux étaient peut-être malades, que je pourrais perdre la vue. Et à imaginer les conséquences, très concrètement par rapport à ce qui compte dans ma vie : sous de très multiples formes, sur des supports divers, le rapport à l’écrit est omniprésent pour moi, et si pour ce qui est d’écrire, en tout cas pour un texte linéaire et sans lien hypertexte (oui mais alors), je peux concevoir comment on peut se débrouiller, qu’en est-il de la lecture : sur papier, sur internet ? Sans doute des choses possibles oui, mais combien perdues. Et je m’étonne, mais seulement maintenant en écrivant, que c’est cela qui m’inquiétait le plus à ce moment-là, et pas l’idée de ne plus voir les arbres, les fleurs et les dauphins. Pourtant ça compte, les dauphins, non ?